Dans la catégorie :
Publié le 3 Jan 2021

Pas d’indemnisation de l’agent pour une offre au prix du mandat

La clause pénale dans laquelle le mandant s’engageait à payer à l’agent immobilier l’équivalent des honoraires s’il ne régularisait pas une vente au prix du mandat ne peut recevoir application si la vente n’a pas été effectivement conclue.

Pour mémoire, selon l’article 6, I, alinéa 5, de la loi n° 70-9 du 2 janvier 1970, dans sa rédaction issue de la loi n° 2014-366 du 24 mars 2014, aucune somme n’est dû ou ne peut être exigé avant qu’une des opérations visées à l’article 1 de la loi ait été effectivement conclue et constatée dans un seul acte écrit contenant l’engagement des parties.

La Cour de Cassation a récemment statué en ce sens: « la vente n’avait pas été effectivement conclue, de sorte que l’agent immobilier ne pouvait se prévaloir des dispositions de la clause litigieuse. » (Cour de cassation, 1re chambre civile, 25 Novembre 2020 n°19-18.144)

L’agent immobilier ne peut réclamer le paiement d’aucune somme d’argent à son mandant avant que l’opération pour laquelle il a reçu un mandat écrit ait été effectivement conclue et constatée dans un seul acte contenant l’engagement des parties.

En l’espèce, l’agent immobilier, détenteur du mandat de vente d’un appartement, réclame le paiement de la pénalité contractuelle, subsidiairement des dommages et intérêts, en raison du refus de sa mandante de signer, aux conditions convenues, un compromis de vente avec des candidats acquéreurs.

En l’absence de toute clause autorisant l’agent immobilier à engager sa mandante, le refus de signature de cette dernière ne peut lui être imputée à faute.

En conséquence, la cour déboute l’agent immobilier de l’intégralité de ses prétentions.

Cour d’appel, Limoges, Chambre civile, 10 Décembre 2020 n°19/00889

Les derniers articles

Vente

Vente et condition suspensive : seule la faute du débiteur permet de la réputer accomplie

Une condition suspensive ne peut être réputée accomplie que pour sanctionner le débiteur de l’obligation conditionnelle qui en a empêché la réalisation. Si la défaillance ...
Lire la suite →
Bail commercial

Restaurant en copropriété : le juge doit examiner les nuisances sonores et olfactives

Pour écarter un trouble anormal de voisinage lié à l’exploitation d’un restaurant, le juge ne peut pas se limiter aux poubelles, livraisons ou objets entreposés ...
Lire la suite →
Bail commercial

Bail commercial et congé irrégulier : la relocation n’exonère pas le locataire du paiement des loyers

Le locataire qui quitte des locaux commerciaux sans délivrer un congé valable reste tenu de payer les loyers jusqu’à la première échéance triennale utile. Le ...
Lire la suite →