Dans la catégorie :
Publié le 13 Mar 2016

Mandat de vente ne vaut pas offre de vente

Dès lors que le mandat ne comporte pas de pouvoir exprès de signature au nom du mandant, ce dernier n’est pas engagé par l’offre d’achat établie aux conditions du mandat

En l’espèce, les acheteurs font grief aux arrêts de dire que la venderesse n’avait pas accepté leur offre d’achat et qu’aucune vente n’avait été conclue de manière ferme et irrévocable, alors, selon le moyen, que le mandat de vendre donné à l’agent immobilier engage définitivement le mandant à l’égard des acquéreurs lorsque celui-ci s’est présenté comme l’auteur d’une offre ferme et définitive.

La Cour d’appel a considéré que la venderesse ne se trouvait pas engagée par une promesse de vente, motif pris que l’agent immobilier n’avait pu proposer à l’acquéreur la signature du compromis du 25 avril 2007 à défaut d’en avoir obtenu expressément le pouvoir et que celui-ci devait être annulé.

Et ce même si aux termes du mandat semi-exclusif de vente du 19 avril 2007, la mandante s’était engagée à « signer aux prix, charges et conditions convenus toute promesse de vente, ou tout compromis de vente, éventuellement assorti d’une demande de prêt immobilier (loi n° 79-596 du13 juillet 1979), avec tout acquéreur présenté par le mandataire », ce qui signifiait qu’elle avait ainsi formulé une offre ferme et définitive de vente qui avait été acceptée par les acheteurs le 22 avril 2007 et que la vente était en conséquence parfaite.

Ainsi en relevant que le mandat de vente souscrit était un mandat de recherche d’acquéreur qui ne conférait à son titulaire aucun pouvoir exprès de signature d’un quelconque engagement au nom des mandants et en retenant que la promesse de vente établie par l’agent immobilier et signée par l’acquéreur ne pouvait s’analyser qu’en une offre d’achat formée par celui-ci qui n’avait pas été acceptée par la venderesse, la cour d’appel en a exactement déduit qu’aucune vente n’avait été conclue entre eux.

Cour de cassation, civile, 3ème Chambre Civile 3, 12 novembre 2015 n°14-16625

Les derniers articles

Bail commercial

Commerces dégradés : le guide des commerçants et locataires pour être indemnisés

Le commerçant doit déclarer sans délai les dommages matériels à sa multirisque professionnelle et informer son bailleur. Une vitrine brisée, un rideau forcé, un vol ...
Lire la suite →
Bail commercial

Dégradations de commerces et d’immeubles : le guide des bailleurs, propriétaires et copropriétés

Le propriétaire ou le bailleur ne doit pas attendre que les responsabilités pénales soient identifiées. Il doit faire sécuriser l’immeuble, préserver les preuves et déclarer ...
Lire la suite →
Vente

Vente et condition suspensive : seule la faute du débiteur permet de la réputer accomplie

Une condition suspensive ne peut être réputée accomplie que pour sanctionner le débiteur de l’obligation conditionnelle qui en a empêché la réalisation. Si la défaillance ...
Lire la suite →