Dans la catégorie :
Publié le 24 Mar 2024

Bail commercial : Inventaire des charges et réputation non écrite

En l’absence d’un inventaire des catégories de charges, impôts, taxes et redevances, même si d’autres clauses mettent à la charge du Preneur des charges ou taxes, ces dernières stipulations doivent être réputées non écrites. Le Bailleur doit donc rembourser les charges et taxes perçues.

Pour mémoire, l’article L 145-40-2 du Code de commerce exige un inventaire précis et limitatif des catégories de charges, impôts, taxes et redevances liés à ce bail, comportant l’indication de leur répartition entre le bailleur et le locataire.

L’inventaire prévu par les dispositions susvisées a un caractère limitatif et il constitue la seule façon d’imputer des charges au locataire, puisqu’elles doivent nécessairement y être récapitulées, de telle sorte que toute catégorie de charges non mentionnée à cet inventaire ne pourra être récupérée par le bailleur.

Il convient de relever que les parties s’accordent quant à l’absence d’inventaire annexé au bail qui en est dès lors privé d’un inventaire régulier comme exigé par l’article susvisé, mais contient néanmoins une clause en son article 17 prévoyant le remboursement de certaines charges par la locataire.

Or, cette stipulation contourne l’exigence d’inventaire des charges édictée par l’article L 145-40-2 du Code de commerce, d’ordre public précédemment énoncé, et a donc pour effet d’y faire échec au sens de l’article L 145-15 du même code. Celle clause sera par conséquent réputée non écrite.

Il s’en déduit que la bailleresse ne peut prétendre à des charges récupérables malgré la production en cause d’appel des décomptes de régularisations de charges pour l’année 2019, 2020 et 2021 versées aux débats par l’appelante en pièces n° 25, 26 et 27 dont la régularité est par ailleurs contestée par la locataire en l’absence de décompte et de justificatifs.

Cour d’appel, Versailles, Chambre Civile 1-6, 7 Mars 2024 n° 22/05759

Les derniers articles

Vente

Vente et condition suspensive : seule la faute du débiteur permet de la réputer accomplie

Une condition suspensive ne peut être réputée accomplie que pour sanctionner le débiteur de l’obligation conditionnelle qui en a empêché la réalisation. Si la défaillance ...
Lire la suite →
Bail commercial

Restaurant en copropriété : le juge doit examiner les nuisances sonores et olfactives

Pour écarter un trouble anormal de voisinage lié à l’exploitation d’un restaurant, le juge ne peut pas se limiter aux poubelles, livraisons ou objets entreposés ...
Lire la suite →
Bail commercial

Bail commercial et congé irrégulier : la relocation n’exonère pas le locataire du paiement des loyers

Le locataire qui quitte des locaux commerciaux sans délivrer un congé valable reste tenu de payer les loyers jusqu’à la première échéance triennale utile. Le ...
Lire la suite →