Dans la catégorie :
Publié le 4 Oct 2015

Le paiement à bonne date et la suspension des effets de la clause résolutoire

Lorsqu’un Tribunal suspend les effets de la clause résolutoire au paiement à une date déterminée, la date à retenir est celle à laquelle le banquier du bailleur réceptionne les fonds. Ainsi, même si le locataire émet le virement avant la date fixée mais que les fonds sont réceptionnés postérieurement, il y a déchéance du terme et perte du bénéfice de la suspension des effets de la clause résolutoire.

En l’espèce, les ordres de virement du 4 juillet produits démontrent que leur exécution est intervenue le 7. Or, le virement vaut paiement dès réception des fonds par le banquier du bénéficiaire qui les détient pour le compte de son client. Partant, ce n’est que le 7 juillet, que le banquier du représentant du bailleur s’est trouvé en possession des montants. Le débiteur n’a donc pas respecté la décision du tribunal qui lui imposait un paiement pour le 5 du mois et conditionnait la suspension des effets de la clause résolutoire, laquelle a repris de plein droit son entier effet.

Il appartenait au preneur d’être vigilant pour respecter l’injonction du tribunal qui lui permettait d’éviter l’expulsion, ce qui impliquait notamment de ne pas attendre le dernier jour pour effectuer un virement qui risquait de ne pas intervenir immédiatement compte tenu des délais bancaires habituels, a fortiori la veille d’un week-end.

En effet, s’agissant d’un délai impératif de paiement et non d’un délai de procédure, les dispositions de l’article 642 du Code de procédure civile relatives à l’expiration des délais n’a pas vocation à s’appliquer.

L’existence d’une contre-créance au profit du preneur ne le dispensait pas de ce paiement.

En effet, la dette résiduelle du preneur était d’un montant supérieur à la contre-créance qu’il détenait sur le bailleur.

Il ne saurait davantage soutenir être créancier du bailleur au titre de l’astreinte qui assortissait la condamnation à la remise de quittances, cette astreinte n’ayant pas encore été liquidée.

Cour d’appel de Colmar, Chambre civile 3, section A, 21 Septembre 2015 n° 15/0902, 14/06133

Les derniers articles

Bail commercial

Commerces dégradés : le guide des commerçants et locataires pour être indemnisés

Le commerçant doit déclarer sans délai les dommages matériels à sa multirisque professionnelle et informer son bailleur. Une vitrine brisée, un rideau forcé, un vol ...
Lire la suite →
Bail commercial

Dégradations de commerces et d’immeubles : le guide des bailleurs, propriétaires et copropriétés

Le propriétaire ou le bailleur ne doit pas attendre que les responsabilités pénales soient identifiées. Il doit faire sécuriser l’immeuble, préserver les preuves et déclarer ...
Lire la suite →
Vente

Vente et condition suspensive : seule la faute du débiteur permet de la réputer accomplie

Une condition suspensive ne peut être réputée accomplie que pour sanctionner le débiteur de l’obligation conditionnelle qui en a empêché la réalisation. Si la défaillance ...
Lire la suite →