Dans la catégorie :
Publié le 15 Oct 2023

Une clause du règlement de copropriété réputée non écrite est-elle applicable ?

Lorsque le règlement de copropriété impose à un copropriétaire la mise à disposition à titre gratuit de ses lots, cette clause s’impose tant qu’elle n’a pas été réputée non écrite par une décision de justice.
En l’espèce, une SCI a fait construire un ensemble immobilier à destination de résidence de tourisme, qui a été soumis au statut de la copropriété, la SCI conservant la propriété des lots n° 66 et 108 à 111.

Succédant à un premier exploitant, l’exploitant a conclu des baux avec plusieurs copropriétaires et a exploité la résidence à compter du 1er mai 2009. Aucune convention d’occupation ou bail n’a été conclu entre l’exploitant et la SCI.

La SCI a assigné l’exploitant en expulsion de ses lots n° 108 à 111 et en paiement d’une indemnité d’occupation et des charges de copropriété.

Placée en redressement judiciaire le 21 janvier 2019, l’exploitant a bénéficié d’un plan de redressement le 13 janvier 2021 et la société S a été désignée en qualité de commissaire à l’exécution du plan.

Par jugement du 13 septembre 2022, la résolution du plan de redressement a été prononcée et l’exploitant a été placé en liquidation judiciaire, la société S étant nommée liquidateur.

La SCI fait grief à l’arrêt de rejeter ses demandes d’expulsion des lots n° 108 à 110 et de condamnation de l’exploitant au paiement d’une indemnité d’occupation et au remboursement des charges de copropriété au titre de ces lots.

La Cour de Cassation, rappelle que es clauses du règlement de copropriété doivent recevoir application tant qu’elles n’ont pas été déclarées non écrites par un juge.

La cour d’appel a donc, par motifs propres et adoptés, souverainement retenu que le règlement de copropriété stipulait que les lots n° 108 à 110, constitués de locaux techniques et équipements collectifs nécessaires à l’exploitation de l’immeuble en résidence de tourisme, étaient à la disposition gratuite de l’exploitant, pendant toute la durée de l’exploitation.

Ainsi, la cour d’appel, qui n’était pas saisie d’une demande en déclaration du caractère non écrit de cette stipulation, en a exactement déduit qu’elle devait recevoir application et que les demandes de la SCI en expulsion et paiement d’une indemnité d’occupation et remboursement des charges devaient être rejetées.

Cour de cassation, 3e chambre civile, 6 Juillet 2023 n°22-18.697

Les derniers articles

Bail d'habitation

Congé donné par le locataire : le délai de préavis ne court qu’à la réception de la lettre recommandée par le bailleur

Si le bailleur ne retire pas le congé qui lui a été adressé par lettre recommandé avec demande d’avis de réception, le délai de préavis ...
Lire la suite →
Bail commercial

Cession du bail en liquidation et clause de solidarité inversée

Dans le cadre d’une liquidation judiciaire, la clause de solidarité inversée, qui rend le cessionnaire solidairement tenu des loyers impayés à la date de la ...
Lire la suite →
Bail d'habitation

Résiliation du bail d’habitation et trafic de drogues

Depuis le 15 juin 2025, la loi n° 2025-532 du 13 juin 2025 facilite la résiliation des baux d’habitation que ce soit un logement social ...
Lire la suite →