Dans la catégorie :
Publié le 17 Avr 2017

Résolution de la vente pour manquement à l’obligation de délivrance

La vente d’une maison dont les combles sont présentés par l’agence immobilière et le vendeur comme un grenier aménageable est annulée pour manquement à l’obligation de délivrance lorsque les combles ne sont pas aménageables et ne constituent même pas un grenier utilisable.

Les propriétaires d’une maison font procéder à la pose d’un plancher dans les combles, desservis par un escalier et une porte. La maison est vendue par l’intermédiaire d’une agence immobilière dont la fiche mentionne deux niveaux habitables dont un grenier aménageable.

Après avoir fait réaliser des travaux d’aménagement du grenier afin d’y installer un « petit musée de la laiterie », l’acheteur constate l’apparition de nombreuses fissures. Un expert judiciaire est nommé et conclut que les combles ne sont pas aménageables.

L’acheteur assigne les vendeurs en résolution de la vente.

Les juges font droit à la demande au motif que les combles ne sont pas aménageables et ne constituent même pas un grenier utilisable en tant que tel. Ce manquement à l’obligation de délivrance d’un bien conforme aux stipulations contractuelles impose de prononcer la résolution de la vente.

Le bien délivré doit être conforme à celui promis et doit donc correspondre non seulement à l’ensemble des spécifications contractuelles mais aussi aux spécifications figurant dans les documents « extracontractuels » (telles les plaquettes publicitaires) dès lors qu’ils sont entrés dans le champ contractuel (Cass. 3e civ. 17 juillet 1997 n°95-19166).

Dans l’arrêt commenté, les juges relèvent que la fiche de l’agence immobilière fait état d’un grenier aménageable.

La promesse ne mentionne qu’un grenier et l’acte authentique ne comporte aucune indication.

Et les vendeurs eux-mêmes ont indiqué aux juges d’appel qu’ils avaient précisé que les combles pouvaient être aménagés sur les indications de l’entreprise ayant effectué les travaux.

L’ensemble de ces éléments permet aux juges de conclure que le bien devait comporter au moins un grenier.

Cour de cassation, civile, Chambre civile 3, 2 février 2017 n°15-20625

Les derniers articles

Bail commercial

Bail commercial : Compétence du tribunal judiciare pour fixer le loyer du bail

La Cour de cassation rappelle que lorsque le tribunal judiciaire est saisi d’un litige relevant de sa compétence et qu’une demande de fixation ou de ...
Lire la suite →
Agent immobilier

Dol du vendeur et responsabilité de l’agent immobilier : l’agent n’est pas tenu d’investigations techniques

Lorsqu’un vendeur dissimule volontairement des informations essentielles sur l’état du bien vendu, ce dol peut exclure la responsabilité de l’agent immobilier. L’agent immobilier n’étant pas ...
Lire la suite →
Bail commercial

Prescription de l’indemnité d’éviction : le locataire perd son droit à indemnité et son droit au maintien dans les lieux même en cas de mauvaise foi du bailleur

Le locataire commercial qui ne saisit pas le juge dans le délai de deux ans pour obtenir la fixation d’une indemnité d’éviction perd non seulement ...
Lire la suite →