Dans la catégorie :
Publié le 27 Nov 2022

Résiliation du bail et dégradations des parties communes par l’enfant

Dès lors que le fils de la locataire commet des dégradations des parties communes, le bail peut être résilié pour non-respect de l’usage paisible des lieux loués.

Pour mémoire, l’article 7 de la loi du 6 juillet 1989 prévoit que le locataire est obligé :

« b) D’user paisiblement des locaux loués suivant la destination qui leur a été donnée par le contrat de location. »

Le locataire doit, en application des dispositions de l’article 7 de la loi du 6 juillet 1989, jouir paisiblement des lieux et, partant, s’abstenir de troubler la jouissance des autres occupants, le locataire répondant, à cet égard, des agissements des personnes qui occupent le logement de son chef et notamment de ses enfants, même s’ils sont majeurs.

Quelle que soit sa situation personnelle et familiale, la locataire est responsable des agissements de son fils en tant qu’occupant de son chef.

En l’espèce, celui-ci a été pénalement condamné pour avoir commis des dégradations en réunion au préjudice du bailleur, et à la date des faits et de la condamnation, il résidait bien au domicile de sa mère, ainsi qu’il résulte de l’adresse mentionnée sur le jugement correctionnel.

Or, il ressort des pièces produites aux débats que le fils de la locataire a causé des dégâts importants dans les parties communes de l’immeuble alors que les installations endommagées (caméras vidéo) étaient destinées à assurer la sécurité de tous les habitants de l’immeuble, le préjudice matériel du bailleur étant évalué par la juridiction pénale à la somme de 16 924,32 euros.

Il résulte de ces éléments que le non-respect de l’usage paisible des lieux loués est caractérisé en l’espèce, au vu de la gravité des frais reprochés, en infraction aux dispositions de l’article 7 b) de loi n° 89-462 du 6 juillet 1989.

Au vu de ce non-usage paisible du logement, ces graves manquements d’un occupant du chef de la locataire justifient le prononcé de la résiliation judiciaire du bail à ses torts, et son expulsion des lieux loués.

Cour d’appel, Paris, Pôle 4, chambre 3, 30 Juin 2022 n° 20/02102

Les derniers articles

Bail commercial

Bail commercial : Compétence du tribunal judiciare pour fixer le loyer du bail

La Cour de cassation rappelle que lorsque le tribunal judiciaire est saisi d’un litige relevant de sa compétence et qu’une demande de fixation ou de ...
Lire la suite →
Agent immobilier

Dol du vendeur et responsabilité de l’agent immobilier : l’agent n’est pas tenu d’investigations techniques

Lorsqu’un vendeur dissimule volontairement des informations essentielles sur l’état du bien vendu, ce dol peut exclure la responsabilité de l’agent immobilier. L’agent immobilier n’étant pas ...
Lire la suite →
Bail commercial

Prescription de l’indemnité d’éviction : le locataire perd son droit à indemnité et son droit au maintien dans les lieux même en cas de mauvaise foi du bailleur

Le locataire commercial qui ne saisit pas le juge dans le délai de deux ans pour obtenir la fixation d’une indemnité d’éviction perd non seulement ...
Lire la suite →