Dans la catégorie :
Publié le 1 Fév 2016

Congé pour vente frauduleux et prix de vente

Si le souhait de faire une plus-value ne caractérise pas de la part du bailleur l’intention frauduleuse, l’offre de vente notifiée par le bailleur, dans le cadre d’un bail d’habitation, faite pour un prix dissuasif de plus de 50% du prix du marché dans l’intention évidente d’empêcher le locataire d’exercer son droit de préemption constitue une fraude affectant l’acte juridique et justifiant son annulation.

Le bien a été proposé à un prix de 215 000 euros alors qu’il résulte de l’attestation d’une agence immobilière produite par le bailleur lui-même que plusieurs appartements du même type dans la résidence sont à vendre à 140 000 euros, soit 50 % moins cher.

De plus, il est établi que l’appartement loin d’être un bien exceptionnel, présente différents inconvénients, tels que la non-conformité de l’installation électrique, la présence de condensation et traces de moisissures.

Rien ne justifie donc un tel écart du prix.

Aucune intention sérieuse de vendre n’est donc établie d’autant que le mandant de vente, limité à trois mois, n’a été suivi d’aucune démarche concrète, telle que des visites ou la publication d’annonces.

Le caractère fallacieux du congé pour vente s’impose donc ainsi que son annulation.

Cour d’Appel d’Aix-en-Provence, 11e chambre, section B, 22 octobre 2015, n° 14/15015

Les derniers articles

Bail commercial

Bail commercial : Compétence du tribunal judiciare pour fixer le loyer du bail

La Cour de cassation rappelle que lorsque le tribunal judiciaire est saisi d’un litige relevant de sa compétence et qu’une demande de fixation ou de ...
Lire la suite →
Agent immobilier

Dol du vendeur et responsabilité de l’agent immobilier : l’agent n’est pas tenu d’investigations techniques

Lorsqu’un vendeur dissimule volontairement des informations essentielles sur l’état du bien vendu, ce dol peut exclure la responsabilité de l’agent immobilier. L’agent immobilier n’étant pas ...
Lire la suite →
Bail commercial

Prescription de l’indemnité d’éviction : le locataire perd son droit à indemnité et son droit au maintien dans les lieux même en cas de mauvaise foi du bailleur

Le locataire commercial qui ne saisit pas le juge dans le délai de deux ans pour obtenir la fixation d’une indemnité d’éviction perd non seulement ...
Lire la suite →