Dans la catégorie :
Publié le 17 Sep 2023

Avenant et réputation non écrite de la clause d’indexation

En présence d’un avenant modifiant le montant du loyer (au 12 mars 2018) mais ne modifiant pas à une autre date celle de l’indexation (1er octobre) du bail d’origine, la clause n’engendrant une distorsion que lors de première indexation suivant la nouvelle fixation du loyer, alors seule la stipulation qui crée la distorsion prohibée est réputée non écrite.

Pour mémoire, en application de l’article L. 112-1 du Code monétaire et financier, est réputée non écrite toute clause d’un contrat à exécution successive, tel que le bail commercial , prévoyant la prise en compte, dans l’entier déroulement du contrat, d’une période de variation indiciaire supérieure à la durée s’écoulant entre chaque révision.

En l’espèce, le 1er octobre 2011, les parties ont conclu un bail commercial portant sur des locaux d’activité, de stockage et de bureaux.

La bailleresse a, le même jour, consenti à la locataire un second bail portant sur des bureaux constituant le lot n° 6 de l’immeuble.

Le 12 mars 2018, les parties ont résilié le second bail pour rattacher le lot n° 6 au premier contrat.

La bailleresse fait grief à l’arrêt de la condamner à payer à la locataire une certaine somme correspondant au trop-perçu de loyer en raison du caractère non écrit de la clause d’indexation.

Pour déclarer non écrite en son entier la clause d’indexation insérée au bail, l’arrêt retient que la modification du loyer le 12 mars 2018 avec maintien de la révision au 1er octobre a pour effet de créer une distorsion contraire aux dispositions d’ordre public de direction de l’article L. 112-1 du Code monétaire et financier.

En statuant ainsi, alors que seule la stipulation qui crée la distorsion prohibée est réputée non écrite, la cour d’appel, qui a constaté que la clause n’engendrait une telle distorsion que lors de la première indexation suivant la nouvelle fixation du loyer, a violé le texte susvisé.

Cour de cassation, 3e chambre civile, 7 Septembre 2023 n°22-10.145

Les derniers articles

Bail commercial

Bail commercial et procédure collective : les manquements du bailleur peuvent rendre la créance de loyers sérieusement contestable

En procédure collective, la poursuite de l’activité dans les locaux n’interdit pas au preneur de contester sérieusement la créance de loyers. En effet, les difficultés ...
Lire la suite →
Bail commercial

Bail commercial : la hausse forfaitaire automatique et illimitée du loyer est réputée non écrite

La clause d’un bail commercial qui stipule accessoirement que le loyer augmentera périodiquement, automatiquement et forfaitairement, et ce sans prévoir de limite de plafond ou ...
Lire la suite →
Bail commercial

Bail commercial : l’ordonnance désignant l’expert chargé de fixer le loyer renouvelé est susceptible d’appel

La clause d’un bail commercial peut confier à un expert la détermination de la valeur locative du bail renouvelé. Mais la décision judiciaire qui désigne ...
Lire la suite →