Dans la catégorie :
Publié le 2 Déc 2018

Application du droit de suite et manoeuvres frauduleuses

En l’absence de manœuvres frauduleuses, l’agent immobilier chargé d’un mandat de vente non exclusif doit être débouté de sa demande d’indemnisation du préjudice issu de la perte de sa commission en raison de la vente du bien à un acheteur initialement présenté par ses soins par l’intermédiaire d’une autre agence.

En effet, les vendeurs n’ayant pas conclu la vente directement avec l’acheteur mais par l’intermédiaire d’une autre agence, n’est pas applicable la clause du mandat qui stipule que de convention expresse et à titre de condition essentielle sans laquelle le mandataire n’aurait pas accepté la présente mission, le mandant s’interdit pendant la durée du mandat et pendant une période de 3 mois suivant son expiration, de traiter directement avec un acquéreur ayant été présenté ou ayant visité les locaux avec le mandataire.

En outre, l’agence ne rapporte pas la preuve de la faute du mandant, la réalisation de la vente par son intermédiaire n’ayant échoué que parce que l’acheteur a exercé à deux reprises son droit à rétractation et alors que les promesses de vente qui avaient été conclues par son intermédiaire ne contenaient pas la condition suspensive d’obtention d’un prêt contrairement à la promesse ayant abouti à la vente.

De même, l’acheteur ne peut voir sa responsabilité engagée en ce qu’il n’a pas commis une faute pour avoir conclu la vente par l’intermédiaire d’une autre agence à laquelle les vendeurs avaient également consenti un mandat non exclusif de vente. Il n’est pas démontré en outre que l’acheteur ait utilisé des manœuvres frauduleuses pour évincer l’agence de la transaction.

Cour d’appel, Paris, Pôle 4, chambre 1, 9 Novembre 2018 n° 17/08493

Les derniers articles

Bail commercial

Locaux monovalents : le coût des travaux importe peu, seule compte l’impossibilité de changer d’usage

En matière de bail commercial et s’agissant de la notion de monovalence : dès lors que des locaux ne peuvent être affectés à une autre ...
Lire la suite →
Bail commercial

Charges locatives : la régularisation tardive ne prive pas le bailleur de ses droits

En matière de bail commercial, le bailleur qui n’a pas communiqué, dans les délais légaux, l’état récapitulatif annuel incluant la liquidation et la régularisation des ...
Lire la suite →
Bail commercial

Bail commercial : abandon partiel d’activité et absence d’immatriculation

En matière de bail commercial, sauf stipulation contraire, le locataire n’est pas tenu d’exploiter toutes les activités autorisées par le bail commercial. Par ailleurs, l’absence ...
Lire la suite →