Dans la catégorie :
Publié le 18 Oct 2015

Nullité du congé pour vente incluant les frais d’agence et préjudice obligatoire

Cette décision ne manquera pas de faire couler beaucoup d’encre. En effet, le congé pour vente incluant dans le prix de vente les frais d’agences n’encourt la nullité que si la preuve d’un grief est rapportée.

En l’espèce, les propriétaires d’un logement donné à bail ont délivré aux locataires un congé avec offre de vente au prix de 190 000 euros frais d’agence inclus.

Les locataires ont initialement accepté cette offre puis proposé d’acquérir le bien au prix de 140 000 euros ; les propriétaires ont refusé cette proposition et les ont, à l’issue du congé, assignés en validation du congé et en expulsion.

Ayant exactement retenu que si le locataire, titulaire d’un droit de préemption, qui accepte l’offre de vente du bien qu’il habite ne peut se voir imposer le paiement d’une commission renchérissant le prix du bien, le prononcé de la nullité du congé suppose, en application de l’article 114 du code de procédure civile, la preuve d’un grief, et souverainement retenu que l’intégration de la commission dans le prix demandé n’avait eu aucune incidence sur l’exercice du droit de préemption par les locataires qui n’avaient subi aucun préjudice, la cour d’appel en a déduit à bon droit que la demande d’annulation du congé devait être rejetée.

Cette décision est sujette à critique. En effet, personne ne pourra contester que le propriétaire connaît l’identité de son locataire et vice et versa. L’intervention d’un agent immobilier dont l’activité principale est l’intermédiation n’est donc pas obligatoire ni nécessaire pour mettre propriétaire et locataire en relation.

L’agent immobilier serait donc rémunéré pour un travail qu’il n’a pas réalisé…..

De plus le locataire qui s’est retrouvé dans la situation d’espèce, n’a-t-il pas du payer une commission ? Or, en payant une telle commission qu’il n’aurait pas du payer il subit un préjudice financier nest-ce pas…..!

Cour de cassation, civile, Chambre civile 3, 8 octobre 2015 n°14-20666

Les derniers articles

Bail d'habitation

Bail d’habitation : Point de départ du délai de prescription de l’action pour trouble de jouissance

La cour d’appel de Versailles rappelle, d’une part, que l’action en indemnisation d’un préjudice de jouissance résultant d’un manquement du bailleur à son obligation d’assurer ...
Lire la suite →
Bail d'habitation

Changement d’usage : la déclaration H1 peut prouver l’usage d’habitation même postérieure au 1er janvier 1970

La Cour de cassation rappelle qu’une déclaration H1 qui a pour objet de recenser au 1er janvier 1970 les constructions à usage d’habitation, même établie ...
Lire la suite →
Bail commercial

Sous-location commerciale : l’agrément du bailleur peut être tacite

La cour d’appel d’Aix-en-Provence rappelle qu’une sous-location commerciale peut être regardée comme régulière, même en l’absence de concours formel du bailleur à l’acte, dès lors ...
Lire la suite →